Test / Critique/ Essai/ Review
Arturia ARP 2600V
(Suite)
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Le séquenceur :
Et surtout, n’oublions pas le séquenceur, même si celui-ci ne recrée pas à proprement parler un aspect de l’ARP 2600 original, mais plutôt un module séparé, le 1601, produit par la même firme.
Nous avons réuni quelques exemples des séquences qu’il peut engendrer. Rien à voir évidemment avec Cubase ou Sonar, il s’agit d’un séquenceur « à la 1970 », offrant une phrase de 16 pas ou deux phrases parallèles de 8 pas. Mais ici aussi, les ressources sont impressionnantes : selon l’entrée vers laquelle vous enverrez une sortie du 1601, il créera soit des hauteurs tonales (des notes), soit des fréquences d’ouverture du filtre, soit… Et en plus d’envoyer des valeurs réglables (celles qui permettent par exemple de choisir des notes), il envoie aussi des commandes de déclenchement via trois bus que vous pouvez eux aussi affecter à diverses entrées de modulation. L’utilisateur a le choix entre des sorties quantifiées ou non quantifiées. Les
premières arrondissent les valeurs : les notes seront réparties en demi-tons. Les secondes respectent au fifrelin près les valeurs que vous avez entrées via les curseurs du séquenceur, ce qui vous permet de jouer, par exemple, sur des valeurs bien plus petites qu’un demi-ton. Le mode d’emploi, généralement suffisant, est hélas spartiate concernant le séquenceur, et l’on doit tâtonner en se disant que l’on passe sans doute à côté de possibilités ignorées.
Une autre façon de travailler sur base de séquences est de capter le son, par exemple, d’une boucle via l’entrée audio de l’ARP 2600V, de le moduler mais aussi de s’en servir comme source de modulation.
Ne désespérez pas !
C’est ici que vous jetez un coup d’œil à une image de l’ARP, une de ces images où l’on le voit plus couvert de câbles qu’un central téléphonique des années ’30, vous réalisez que tous ces petits trous qui le perforent sont destinés à être reliés selon des lois qui vous échappent, et vous passez à autre chose avec le sentiment que vous venez de réaliser une appréciable économie.
Pas si vite. Regardez mieux. Choisissez une image sans forêt de câbles, ce sera plus lisible. Que voyons-nous, sur la face en métal ? Des tas d’indications assorties de petites flèches. Vous ne devrez pas créer tout son à grands coups de câblages fastidieux, il existe un pré-câblage et vous pouvez fort bien créer une sonorité valable sans relier vous-même aucun de ces petits trous énigmatiques. « On disait que » les modules sont reliés entre eux (un oscillateur vers le filtre, etc.) « derrière la plaque de métal ». Par exemple, si vous souhaitez que l’oscillateur 1 émette une onde de forme carrée, ce n’est pas la peine de tendre un câble entre la sortie de cet oscillateur et le mixeur, le pré-câblage s’en est déjà chargé. Par contre, si vous souhaitez une autre forme d’onde, il faudra commencer à tisser votre toile d’araignée. Tant qu’on se contente de ces câblages « internes », l’ARP 2600
se comporte comme un gros synthé non modulaire. Mais les câblages que vous réaliserez en façade auront priorité sur ceux qui sont cachés (ils les court-circuitent, les remplacent) ou s’y ajouteront. Pour que vous ne vous perdiez pas tout à fait dans ce qui a tendance à ressembler à une assiette de spaghettis, les câbles seront rouges, orangés ou verts suivant le type de connexion. Complexe, oui, mais d’une complexité à géométrie variable. Ce système est dû au père de l’instrument, Alan R. Pearlman (A.R.P.), qui voulait créer un appareil susceptible de servir aussi bien aux musiciens peu technoïdes ou aux étudiants qu’aux programmeurs chevronnés.
Cela dit, programmer l’ARP 2600 n’est pas un lit de roses. C’est la très normale contrepartie de ses innombrables possibilités. Jusqu’à présent, votre serviteur a surtout l’impression d’aller de surprise en surprise, sur le mode de « Tiens, on peut aussi faire ceci, et cela, et encore cela… ». L’ARP 2600V sera probablement un synthétiseur de rêve pour les amateurs d’ambiances expérimentales, les créateurs de musique contemporaine, les amoureux d’effets élaborés. Il l’était déjà jadis, aujourd’hui la synchronisation MIDI et autres améliorations créent des possibilités et des facilités dont les musiciens des années ’70 devaient à peine rêver.
Si vous trouvez tout cela compliqué et si vous n’êtes pas sages, Arturia recréera l’ARP 2500, un monstre gigantesque (ci-dessous), hors de prix, où tout se faisait à partir de zéro, et dont un ancien utilisateur déclare sur un forum « Il m’a fallu un gros mois pour commencer à avoir l’impression de savoir ce que je faisais ».

(image courtesy of www.synthfool.com . Merci !)
Les vidéos
Windows 98SE/2000/XP, Mac OS 10.2,
Autonome (DirectX, ASIO, CoreAudio), VSTi, DXi, RTAS, HTDM, Audio Units.
290 euros
www.arturia.com
A comparer avec : TimewARP2600, de Way Out Ware ( www.wayoutware.com ), plus fidèle à l’original, polyphonie de 8 voix contre 32, pas de séquenceur intégré.
Plus :
Possibilités immenses et originales
Pré-câblages
Qualité sonore
Stabilité |
Moins :
L’apprentissage nécessaire pour en profiter pleinement.
Pas multitimbral.
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